Le commandement de la prise est confié, par le capitaine Dufraisne, à Louis Vitalis, second lieutenant sur Le Triton, pour le conduire dans un port de France. En fait, Le Saint-Joseph a fait l’objet, en à peine un mois, de deux captures. En effet, ce navire espagnol rebaptisé par les Anglais Le Saint-Antoine avait été capturé par eux 24 jours auparavant. Ils y avaient laissé à bord deux de leurs hommes ainsi que deux espagnols.
La minute du jugement [1] nous indique que le navire transportait du vin rouge de Carthagène, du vin blanc de Malaga, de l’eau de vie, du savon, des raisins et des figues. Le navire est conduit au port de Lorient à l’adresse de monsieur Monistrol et les officiers de l’amirauté de Vannes décident de le vendre ainsi que la totalité de ses marchandises.
La vente est annoncée par affichage [2] et s’effectuera au plus offrant dans la ville de Vannes, au Palais, par les officiers de l’amirauté, le lundi 3 mai 1762. L’affiche annonçant la vente est très intéressante à exploiter car il est fait un descriptif détaillé du navire et de ses équipements ainsi qu’un inventaire des principales marchandises.
- Archives départementales du Morbihan - Affiche de vente du St Joseph - 9 B 174.
C’est ainsi que l’on peut y lire que Le Saint-Joseph était un bâtiment neuf, de construction espagnole avec un port d’environ 120 tonneaux. Ces dimensions étaient de 62 pieds de long, de 20 pieds de large et de 6 pieds de calle sous barrots. Il était aussi équipé d’une petite chambre (local probablement située à l’arrière) qui comprenait des bancs, des rangements, une zone vie et une cuisine. Le navire était un trois mâts à voiles. Il était aussi équipé de deux ancres de 250 et 200 livres et d’un canon de 4 livres de balles et de deux petits canons montés en pierriers. En plus, de tous les équipements nécessaires à la navigation à voiles et à l’amarrage dans un port, il possédait aussi une chaloupe et un canot en bon état avec une gaffe et 17 avirons pour effectuer les liaisons entre le navire et la terre quand celui-ci était au mouillage.
Pour ce qui concerne la description des marchandises, il est fait état de vin rouge de Catalogne [3] et en moins grande quantité de vin blanc de la même provenance. Il est aussi mis en vente du vin de Malaga, de l’eau de vie anisée et de la poudre à canon. Nous ne savons pas où se dirigeait le navire quand il a été pris par les Anglais, mais il est intéressant à noter qu’à cette époque le commerce se poursuivait entre les côtes catalanes et des pays de l’Europe du nord [4].